Il y’a quelques jours, je me suis rendue au Bénin.
Ce petit pays d’Afrique de l’Ouest, réputé pour la pratique du Vaudou, est désormais l’une des principales destinations touristiques d’Afrique francophone.
J’ignore si vous l’avez remarqué, mais le Bénin attire de plus en plus de touristes afrodescendants et occidentaux.
Des célébrités africaines et américaines, à l’instar de Ciara, Lauryn Hill, Dadju et bien d’autres, y ont séjourné, renforçant ainsi l’attractivité touristique du pays.
Cet intérêt pour le Bénin a pris de l’ampleur, depuis la nomination du président Patrice Talon, qui a instauré une politique de retour des Afrodescendants et la célébration des Vodoun Days, qui se tiennent chaque 9 au 11 janvier à l’arène de Ouidah.
Mon séjour au Bénin ne s’est pas limité uniquement au tourisme.
Mon objectif était aussi de dénicher les opportunités que peuvent offrir ce pays.
Je vais me focaliser uniquement sur l’aspect culturel du Bénin. J’aborderai le volet investissement dans un autre article.
1 – L’aéroport, le miroir d’un pays
Quand je suis arrivée à l’aéroport de Cotonou, une des choses que j’ai noté, c’est la courtoisie et le professionnalisme des agents.
Les aéroports représentent la vitrine d’un pays.
La manière dont on vous traite dans un aéroport, vous donne un aperçu du comportement et de la mentalité des autochtones.
Les personnes qui voyagent régulièrement pourront confirmer mes dires.
1-1) Professionnalisme à l’aéroport de Cotonou
L’aéroport Cardinal Bernardin Gantin-Cadjehoun de Cotonou est un aéroport très petit mais bien organisé.
Les agents sont à l’écoute et répondent poliment aux questions des usagers.

Ils ne cherchent pas à créer des embrouilles ou à inventer des problèmes, dans le but de soutirer de l’argent aux voyageurs, sous prétexte qu’ils viennent de l’étranger.
De plus, je mentionne ce point parce que, dans certains aéroports africains, dont je préfère taire le nom, les agents sont réputés pour extorquer par tous les moyens les voyageurs.
Ce sont des comportements irresponsables qui, malheureusement, dégradent l’image de ces pays-là.
1-2) Gentillesse et dévotion des béninois
J’ai vécu une scène qui m’a particulièrement marqué à l’aéroport de Cotonou.
À ma sortie de l’aéroport après les contrôles, un inconnu remarqua ma confusion,
vu que je n’arrivais pas à identifier dans la foule ceux qui étaient censés m’accueillir.
Il me proposa gentiment d’appeler mes contacts avec son téléphone.
Ce geste fut d’une grande aide pour moi. N’ayant pas encore le réseau du pays, je ne pouvais pas faire d’appels téléphoniques.
En plus, mes contacts se trouvaient de l’autre côté de l’aéroport.
Cela peut sembler banal, mais ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre des personnes, disposées à tendre la main à des inconnus.

Pendant mon séjour au Bénin, j’ai une fois de plus témoigné de la finesse dont font preuve les Béninois, à travers mes différentes interactions.
Cependant, il est juste de mentionner que les Béninois ne sont pas des saints. Ce serait utopique de le croire !
Derrière la gentillesse et la courtoisie de certains, peut se cacher la fourberie.
Mais, en général, ce sont des personnes bien éduquées et respectueuses.
Lire aussi : 5 informations importantes à savoir avant d’investir au Bénin.
2 – La tradition au centre de la culture
Si vous n’avez jamais visité un pays, ne vous fiez pas totalement aux rumeurs et aux préjugés d’autrui. Surtout, d’une personne qui n’a jamais été, dans le pays que vous comptez visiter.
Le voyage est une école. C’est ce qui fera la différence entre ce que vous avez entendu et votre vécu dans un pays.
Le Bénin est un pays qui est, à tort, victime d’une mauvaise réputation. Toutes les fois où j’ai entendu parler du Bénin, c’était toujours en négatif.
Ces préjugés ont sans aucun doute, maintenu ce pays dans l’ombre, pendant des années.
2-1) Les préjugés négatifs sur le Bénin
Depuis ma tendre enfance, j’entends dire des Béninois qu’ils sont dangereux.
“Ce sont des sorciers : ils pratiquent beaucoup, ils aiment les fétiches.”
C’est ainsi que les africains d’autres contrées qualifient les Béninois.
Je ne sais pas d’où sortent ces préjugés, mais, cela a énormément contribué, à dégrader l’image du Bénin à l’extérieur.
Paradoxalement, la ville de Cotonou a longtemps été , le point de ravitaillement, de commerçantes de pagnes wax, venues de différents pays d’Afrique.

Dans certaines communautés, le fait de savoir qu’un proche va au Bénin le rend infréquentable, car considéré comme une personne qui « aime les pratiques ».
Par conséquent, plusieurs personnes y vont en cachette, par peur d’être jugées.
Pour ma part, avant d’aller au Bénin, j’en ai parlé à une proche.
Celle-ci m’a fortement déconseillé d’y aller, parce que, d’après elle, c’est un pays dangereux où on enlève les personnes pour les livrer aux féticheurs.
Heureusement, je ne l’ai pas écouté. Je serais passée à côté d’une belle expérience.
2-2) Vodou et fa au cœur de la vie quotidienne
Le Vodou et le Fa sont profondément ancrés dans la culture béninoise.
Alors que dans de nombreux pays africains, les religions importées sont la règle et la spiritualité africaine l’exception, au Bénin, c’est tout le contraire.
Le culte du vodou et le fa (science divinatoire) sont au cœur de la vie quotidienne.
Parler de vodou ou de fa au Bénin n’est pas un sujet tabou.
Il est peu probable de rencontrer un Béninois totalement éloigné de ses traditions.
J’ai visité plusieurs villes au Bénin: Bohicon, Abomey, Ouidah, Cotonou.
Dans chacune de ces villes, il y’a une forte représentation de la tradition.
Dans les marchés, les villages ou à l’entrée des villes, des effigies et statues des divinités (terre, feu, eau, air) qui gouvernent les lieux sont visibles.
L’objectif étant de vivre en harmonie avec ces esprits de la nature.
Cette vision de la vie est plutôt positive et cohérente avec le mode de vie ancestral des Africains.
Dommage que les peuples qui ont gardé cette authenticité soient traités de tous les noms aujourd’hui.

La plupart des Béninois, dès le bas âge, est initiée aux rites ancestraux.
En parlant du fa, par exemple, initier un enfant au fa lui permet de connaitre rapidement sa mission de vie. Qui est-il ? Qu’est-il venu faire dans ce monde ?
Cette science divinatoire permet d’anticiper les évènements et d’éviter les erreurs pendant son parcours de vie.
J’ai eu l’opportunité d’interviewer deux jeunes Bokonon (prêtres du fa) qui m’ont révélé les secrets de la tradition béninoise.
Cette interview enrichissante m’a permis de comprendre que le Bénin fait partie, des rares pays en Afrique, qui n’ont pas perdu leur essence.
Les préjugés négatifs sont juste le fruit de l’ignorance.

Abomey et Ouidah sont des villes particulièrement riches en histoire.
À Ouidah, j’ai visité les quatre sites touristiques:le temple des pythons, le marché des esclaves, la porte du non-retour et la forêt sacrée.

La visite des quatre sites coûte environ 10 000 FCFA, hormis les frais de transport en destination des différents sites.
Le prix ne vaut rien face à la richesse de l’expérience !

N’hésitez pas à visionner sur la chaine YouTube les vlogs de mon passage à Abomey, ville du roi Béhanzin, et ma visite au temple des pythons de Ouidah.
2-3) Le style vestimentaire béninois
Les Béninois ont un style de vie assez simple. Ce sont des personnes humbles, et réservées, qui ne ressentent pas le besoin de se faire voir.
Leur style vestimentaire cadre également avec cette approche de la vie.
Il est très facile de reconnaitre un Béninois dans la rue.
Ils arborent généralement des ensembles en tissus pagnes, chemises et pantalons. En ville comme au village, riche ou pauvre, adulte ou enfant, on reconnait facilement le Béninois à son style vestimentaire.
Le pagne occupe incontestablement, une place de choix au Bénin.

N’oublions pas, comme mentionné précédemment, que Cotonou, est le point de ravitaillement, des commerçantes africaines, spécialisées dans la vente du wax.
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, Nanawax, l’une des marques d’habillement les plus populaires en Afrique de l’Ouest, a pour fondatrice, une Béninoise.
3- Propreté des villes, sécurité et rigueur de l’état
Le Bénin est un pays où la rigueur et le sens de la responsabilité règnent.
La propreté des villes est la première chose qu’on note.
Les influenceurs africains qui ont été au Bénin, ne manquent pas d’ailleurs de mentionner dans leurs vidéos, la beauté et la propreté du pays.
Le Bénin est actuellement en chantier. Plusieurs sites touristiques et routes sont en construction.
Pour s’assurer du maintien de l’ordre, des policiers stationnent dans les rues en soirée et n’hésitent pas à sanctionner les indisciplinés.
À chaque coin de rue, des techniciens de surface veillent à la propreté des villes.
Concernant la circulation routière, j’ai remarqué que les conducteurs respectent les feux de signalisation.
Les conducteurs de mototaxis, appelés kekenon/Zem, portent toujours des casques, et prévoient parfois un deuxième casque pour le client.

En gros, au Bénin, l’État est debout et s’assure que discipline, respect des institutions et de la chose publique règnent.
Des amis béninois m’ont confessé que, les mesures strictes mises sur pied par l’État ont réduit considérablement la criminalité.
Il existe même un numéro vert à disposition des usagers, en cas de vols ou d’arnaque.
Ce sont des éléments qui démontrent le niveau de sécurité du pays, indicateur important, pour les expats et Africains de la diaspora qui voudraient y investir.
En conclusion, mon expérience au Bénin a été positive et enrichissante.
Je vois dorénavant ce pays d’un autre œil.
J’ai beaucoup d’admiration pour le Bénin. C’est l’un des rares pays à avoir gardé son authenticité, dans une Afrique envahie et dominée par les religions étrangères.


Une réponse à “Mon voyage au Bénin: 3 faits marquants au-delà des préjugés”
Merci pour cette expérience au Benin. J’y étais moi aussi et j’ai adoré.