Afrodescendants :4 clés pour réussir la transmission culturelle

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Je voudrais aborder aujourd’hui la question de l’éducation des enfants d’immigrés africains, nés en occident, encore appelés afrodescendants.

C’est un sujet qui mérite de l’attention, afin d’éviter aux futurs parents dans la diaspora, de commettre certaines erreurs.

L’objectif n’est pas de critiquer la culture ou l’éducation à l’occidentale. Mais, de donner des clés qui permettront aux afrodescendants, de grandir sans complexe, dans un environnement où les locaux leur rappelleront qu’ils sont des étrangers.

Le fait de naître en occident, ne garantit pas aux afrodescendants, d’avoir les mêmes chances que les locaux. Car, ceux-ci ne considèrent pas les afrodescendants comme leurs frères, mais comme des étrangers.

Cette pilule est difficile à avaler. Néanmoins, les réalités sur le terrain confirment que dans l’esprit du caucasien, un noir né en occident reste africain.

Il est donc judicieux, pour les parents africains, de tenir compte de cette réalité, afin d’offrir une éducation adéquate à leurs enfants.

Je suis toujours triste quand je tombe sur des vidéos d’afrodescendants, qui se plaignent des discriminations qu’ils subissent dans leurs pays de naissance.

Malgré le fait qu’ils y soient nés, ils ont l’impression de ne pas être au même pied d’égalité que les caucasiens.

1-De la différence à la confiance en soi

Certains parents africains de la diaspora, sont victimes d’un profond complexe d’infériorité. D’après eux, il faudrait uniquement transmettre l’éducation occidentale aux enfants, pour leur donner une chance de saisir les opportunités futures.

De mon constat, les enfants africains nés en occident, sont confrontés dès le bas âge à la différence.

À l’école, cette différence pousse leurs camarades de classe à leur poser des questions.

“Pourquoi ta peau a la couleur du chocolat ? Pourquoi tes cheveux sont roulés et les miens, non ?”

Les enfants sont des êtres innocents. Ces questions ne cachent pas de mauvaises intentions, mais sont récurrentes dans tout contexte où la différence est visible.

Que ce soit entre enfants ou adultes, les questions liées à l’ethnicité reviennent toujours.

Je ne peux pas compter le nombre de fois où des caucasiens m’ont posé des questions sur mes cheveux, que ce soit dans la rue, dans des espaces publics ou dans un cadre professionnel.

Les enfants africains savent, dès l’enfance, qu’ils sont différents de leurs camarades.

Ceci s’explique aussi par le fait qu’ils soient minoritaires dans les établissements scolaires. Faire partie du groupe minoritaire peut donner le sentiment d’être l’intrus.

Ainsi, c’est aux parents de les rassurer et de forger leur état d’esprit dès le bas âge.

Plutôt que d’éviter le sujet de la différence, il faut l’affronter.

Ce n’est pas toujours facile pour les parents de trouver les mots justes.

Le plus important, c’est de rester positif et ouvert aux discussions.

Il faudrait créer une complicité avec les enfants et leur expliquer que le monde est riche de sa diversité. Par conséquent, ils devraient assumer leur couleur de peau et leurs cheveux au lieu d’en être complexés.

La différence liée à l’ethnicité est l’une des raisons pour lesquelles, il faut accorder une importance particulière, à l’éducation qu’on décide de transmettre à sa progéniture.

Lire aussi : l’échec dans l’éducation des afrodescendants

2- L’ importance de la transmission culturelle

Une erreur à ne pas commettre, c’est de transmettre uniquement l’éducation du pays d’accueil aux afrodescendants.

La culture africaine n’est pas parfaite. Aucune culture ne l’est d’ailleurs ! Mais, comme le dit un adage, il faut savoir d’où on vient pour savoir où on va.

Certains parents dans la diaspora éloignent complètement leurs progénitures de la culture africaine, croyant, à tort, de leur faire du bien.

Le résultat, ce sont des enfants qui grandissent sans repères et déséquilibrés, en recherche constante de l’acceptation des autochtones.

À l’âge adulte, ces afrodescendants, écartés totalement de leur origine, ne se sentent ni acceptés par les locaux, ni proches de l’Afrique.

C’est un double traumatisme !

Que ce soit dans la vie privée ou professionnelle, ils seront confrontés à des questions liées à leurs origines.

Ils notent déjà la différence lors de leur parcours scolaire.

Parfois, leurs camarades de classe, étrangers ou autochtones, sont intrigués par leurs origines.

Quelle langue parle-t-on dans ton pays d’origine ? Quels sont les plats de chez vous ? Es-tu déjà allé dans ton pays ? Depuis combien de temps, n’es-tu pas allé dans ton pays ?

Face à ces questions, les enfants qui ne connaissent rien de leur origine, sont contrariés.

Plusieurs éléments peuvent contribuer à une transmission culturelle réussie. Je vais m’attarder sur les plus pertinents.

Il s’agit :

  • des noms.
  • de la langue.
  • de l’alimentation.
  • des voyages.

2.1- Le nom : outil de transmission culturelle

Le nom est un puissant outil de transmission culturelle. Un nom raconte une histoire, un vécu, un évènement.

Le nom représente aussi un égrégore puissant. Quand on prononce le nom d’un individu, on réveille l’énergie qui se cache derrière ce nom.

Malheureusement en Afrique, les séquelles de l’esclavage ont contribué à la perte de cet héritage culturel. L’africain demeure le seul qui porte et donne des noms étrangers à ses enfants.

Aucun asiatique, européen ou américain ne porte de noms africains.

À force d’aliénation, les africains ont fini par croire qu’il est normal de s’appeler Jules ou Christine, au lieu de Asante ou Kodjo par exemple.

Pour mieux cerner la pertinence du nom, demandez à vos enfants, les noms de leurs camarades de classe. Vous constaterez que leurs camarades chinois ont des noms exclusivement chinois, les indiens des noms exclusivement indiens, les arabes des noms arabes, les français des noms français, etc.

Donner un nom et un prénom typiquement africains à un afrodescendant, le rapproche incontestablement de sa racine.

Le guide des noms et prénoms africains et Les prénoms d’Afrique de l’Ouest : Le guide des noms et des surnoms d’Afrique de l’Ouest., sont des guides intéressants pour trouver des noms d’origine africaine.

Le nom contribue à forger l’identité d’un individu. Certains africains de la diaspora, pour justifier le choix de noms étrangers donnés à leurs enfants, évoquent la difficulté, pour les locaux, à prononcer les noms africains.

Je connais ce sentiment, mais c’est tout simplement de la manipulation.

Certains noms russes et asiatiques sont très complexes. Cependant, on dit rarement à un chinois ou à un russe que son nom est difficile à prononcer. Cherchez l’erreur !

2.2- La langue : outil de transmission culturelle

Une langue contient des secrets, des codes et une vision de la vie.

Pour les parents qui maitrisent à la perfection leurs langues maternelles, ne privez pas vos enfants de cet héritage.

Au lieu de dialoguer avec vos enfants à travers la langue de votre pays d’accueil, privilégiez votre langue maternelle.

Selon plusieurs spécialistes, un enfant possède, un cerveau capable, d’apprendre une langue, beaucoup plus facilement que celui d’un adulte. Les enfants peuvent mémoriser plusieurs langues.

Une autre option serait, pour les parents qui ont des lacunes et ne savent pas parler leurs langues, de payer des cours en ligne.

De nos jours, il existe plusieurs plateformes et applications d’apprentissage de langues africaines pour parents et adultes.

Des plateformes d’apprentissage de langues, comme Universdeslanguesafricaines, Resulam, Ivokan, entre autres, pourraient combler ces lacunes.

Certaines communautés asiatiques et africaines, dans la diaspora, ont compris l’importance de la transmission culturelle et l’appliquent à la perfection.

Ce sont les chinois, les indiens, les marocains, les sénégalais, les maliens, entre autres.

J’ai rarement vu un enfant issu de ces communautés, qui ne parle pas sa langue d’origine ou qui grandit dans l’ignorance de sa culture.

2.3- L’alimentation : outil de transmission culturelle

La transmission culturelle passe aussi par le choix de l’alimentation.

Il y a quelques années, j’ai rencontré une sœur africaine qui déplorait le fait que ses enfants ne consomment aucun plat de sa terre d’origine.

Malgré le fait qu’elle et son mari proviennent du même pays, elle n’a pas su transmettre cette culture à ses enfants.

À l’époque je me disais : comment c’est possible !

Mais, avec le recul, j’ai compris qu’elle est tombée dans le piège du métro-boulot-dodo.

Il n’est pas rare de rencontrer des familles africaines en occident, dans lesquelles, les enfants n’aiment aucun plat de la terre d’origine et ne consomment que des plats du pays d’accueil. Les raisons sont multiples.

D’une part, les réalités en occident obligent les femmes africaines à travailler toute la journée. Par conséquent, elles n’ont pas toujours le temps de concocter des plats africains, qui, en général, ont un temps de cuisson plus long.

Il est plus facile, pour elles, de commander un kebab, une pizza, ou de cuisiner des plats rapides (riz, pâtes), parfois surgelés.

D’autre part, les ingrédients nécessaires pour cuisiner les plats africains ne sont pas toujours accessibles en fonction du lieu de résidence.

Heureusement, il existe plusieurs sites de vente de denrées alimentaires en ligne qui répondent à ce besoin.

Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’un plat, au-delà de satisfaire la faim, transmet un message. Les techniques de cuisson, la saveur et la façon de manger (avec les mains ou une cuillère) rappellent la culture d’un pays.

En plus, un enfant qui n’est pas habitué à consommer des plats africains aura du mal à s’adapter à l’environnement africain. Que mangera-t-il pendant son séjour en Afrique ?

2.4- Le voyage : outil de transmission culturelle

Les familles africaines dans la diaspora peinent, à aller en vacances en Afrique, avec leurs enfants. La raison principale, c’est le manque d’argent.

Le manque d’argent s’explique par la prépondérance de familles nombreuses.

Est considérée famille nombreuse en occident, une famille qui comprend au moins trois enfants. Les couples africains en occident ont en moyenne trois enfants.

Plus il y a d’enfants, plus les coûts d’un séjour en Afrique sont élevés.

Dans les coûts, il faut compter les billets d’avions, les visas (pour les familles provenant des pays qui ne permettent pas la double nationalité), les frais de séjour.

À ces charges s’ajoutent parfois les dépenses pour les cadeaux et le soutien financier à apporter à la famille au pays.

Une famille de 5 personnes doit prévoir, au moins 4 000 euros, pour un séjour d’un mois en Afrique. Si on tient compte du fait que, plusieurs familles nombreuses, vivent avec le SMIC, voyager s’avère compliqué.

En plus, les périodes les plus propices pour les voyages (août et décembre) ne sont pas avantageuses, car les billets sont très chers.

Les parents, face à cette réalité, sont contraints d’abandonner le voyage en Afrique.

Plusieurs promesses de voyage ne se sont ainsi jamais concrétisées.

Ramener les enfants au moins une fois par an en Afrique et avant l’âge de 18 ans est fondamental afin qu’ils aient des repères. La question des finances ne devrait pas être un frein.

Avec de l’organisation et un peu de sacrifices, il est possible de ramener ses enfants aux pays constamment.

Nombreuses sont les compagnies aériennes qui permettent de faire voyager des enfants seuls et qui ont des offres avantageuses, pendant les périodes basses.

2.4.1- Faites voyager vos enfants tout seuls

Des compagnies aériennes comme Ethiopian Airlines, Air France, entre autres, permettent aux enfants à partir de 12 ans de voyager seuls. C’est une opportunité pour les familles qui ont un budget limité.

Au lieu de renoncer au voyage pour toute la famille, il est préférable d’envoyer les enfants en Afrique, chez des proches de confiance.

Les compagnies aériennes offrent aussi des services d’accompagnement pour les mineurs à partir de l’âge de 4 ans.

Avec ce service, les enfants sont escortés jusqu’à leur siège au moment du départ et bénéficient d’une attention particulière pendant toute la durée du vol.

Puis, sont accompagnés jusqu’à la personne qui doit les récupérer à l’aéroport.

2.4.2- Voyager en périodes basses

Voyager en période basse fait une grande différence. Les prix sont beaucoup plus abordables.

Cette option s’adapte mieux aux parents qui ont des professions libérales ou aux parents entrepreneurs. Pour les salariés, c’est plus complexe !

En outre, les périodes basses coïncident avec les périodes de classe.

Cependant, si vous prévoyez un cours séjour en Afrique (une semaine par exemple), les enfants pourront facilement rattraper le retard à leur retour.


La transmission culturelle est nécessaire pour tout individu né en terre étrangère. Les afrodescendants, malgré leurs efforts d’intégration, sont confus face aux discriminations dont ils sont victimes.

La faute revient aux parents qui, par ignorance ou par complexe, ont oublié, que la société leur rappellera toujours, qui ils sont.


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