Le phénomène du retour en Afrique devient de plus en plus populaire sur les réseaux sociaux. C’est l’un des sujets les plus attractifs pour la diaspora africaine.
Cette attraction pour le retour est compréhensible, au regard de la situation qui prévaut dans plusieurs pays en Europe (cherté de la vie, augmentation du chômage, pensions retraites minables, etc.)
Tous ces facteurs créent une incertitude quant au futur en Occident.
L’Afrique de ce point de vue devient plus attractive. C’est un continent en construction, qui offre encore beaucoup de possibilités.
Que ce soit les africains de la diaspora ou les expats, tous ont désormais le regard tourné vers l’Afrique.
Le retour en Afrique semble être une mode. C’est la tendance du moment.
Pourtant, il s’agit d’un projet sérieux et délicat qui demande de la préparation et de l’expérience.
Plusieurs personnes se sont lancées avec une vision utopique sur le chemin du retour, pour ensuite regretter leur choix. Le retour en Afrique n’est pas un jeu.
C’est un projet qui doit être planifié, en tenant compte de plusieurs paramètres : temps, ressources, risques.
Pourquoi je veux rentrer en Afrique ? Ai-je suffisamment de ressources ? Quelles sont mes compétences ? Dans quel pays dois-je m’installer ? Ai-je une maitrise parfaite du terrain ?
Ce sont quelques-unes des questions qu’il faut se poser avant de faire le pas.
Ignorer ces questions ou s’entêter, quand les réponses révèlent un manque de préparation, peut s’avérer désastreux.
Les raisons pour lesquelles, les africains de la diaspora reviennent en Occident, alors qu’ils pensaient définitivement s’installer en Afrique, sont :
- la mauvaise étude du terrain.
- l’investissement individuel.
- la négligence de la spiritualité.
1-La mauvaise étude du terrain
Étudier le terrain, c’est comprendre la mentalité, les mœurs, le fonctionnement du pays dans lequel on choisit de s’installer et s’y adapter.
Même quand il s’agit du pays d’origine, une étude du terrain est fondamentale avant de sauter le pas. Il ne faut surtout pas sous-estimer les années passées en Occident. Plus on y passe du temps, plus il est difficile de tolérer certaines mentalités en Afrique.
1.1) Retour comme entrepreneur ou comme salarié ?
Pour maitriser le terrain, il est nécessaire de séjourner en Afrique pendant plusieurs mois, surtout quand on veut lancer un business.
Ce séjour de plusieurs mois permet de se réadapter à l’environnement, d’étudier la concurrence, la clientèle, etc.
Ceci vaut particulièrement pour les entrepreneurs.
Si vous retournez en Afrique comme salarié, ce n’est pas si nécessaire.
Bien que le monde de l’emploi soit instable et les salaires inconstants dans certains pays d’Afrique, retourner comme salarié épargne du stress lié aux ressources financières, notamment pour les premiers mois d’installation.
Si vous comptez mettre sur pied un business qui nécessite de la main-d’œuvre, vous devez être conscient du comportement des employés en Afrique.
Beaucoup d’entrepreneurs de la diaspora ont échoué, parce qu’ils ont minimisé l’instabilité de la main-d’œuvre africaine.
Trouver des personnes de confiance avec qui travailler est une tâche assez difficile en Afrique. Le manque de qualifications, la lenteur, la malhonnêteté, la paresse, l’avidité des employés constituent un gros frein au succès des entreprises.
Avant de rentrer, assurez-vous que votre activité pourra tenir sur le long terme.
Cela est crucial en cas de vols ou d’abandon de la part de vos employés.
1.2) Privilégier les longs séjours
D’après mes observations, ceux qui réussissent leur back to Africa ont fait des séjours réguliers et longs dans le pays choisi, avant de sauter le pas.
Le séjour en Afrique est très agréable quand on y est pour peu de temps. Quand le séjour s’allonge, on fait face aux réalités et les illusions tombent.
Quand on va en Afrique pour quelques semaines de vacances, on est dans une énergie de détente. Ce n’est pas le cas lorsque le séjour se prolonge.
Celui qui passe deux semaines en Afrique, n’aura jamais l’expérience de celui qui y a séjourné pendant six mois ou un an.
Vivre en Afrique a tellement d’avantages, mais également des inconvénients.
Les séjours de très courte durée, font uniquement ressortir le bon côté.
Toutefois, on ne peut être sûr du projet de retour, que, lorsqu’on s’est habitué au mauvais côté de l’Afrique : insécurité, corruption, injustice, pressions familiales, etc.
Lire aussi : 8 raisons qui empêchent la diaspora de retourner en Afrique.
2) L’investissement individuel
Investir individuellement est l’une des plus grosses erreurs que commettent les africains de la diaspora.
Si vous voulez entreprendre en Afrique, vous devez connaitre les risques liés à l’entrepreneuriat en milieu africain.
2.1) Les avantages d’investir en groupe
L’investissement est plus sécurisé et rassurant en occident, grâce à certains paramètres : facilité d’accès au crédit, fiabilité des assurances, bon fonctionnement de la justice, entre autres.
En Afrique, ce n’est pas forcément le cas. L’accès au crédit et prêts bancaires est très difficile et fonctionne le plus souvent en réseautage ; les assurances ne sont pas fiables ; la corruption est monnaie courante et la justice ne protège pas toujours les victimes.
Ces éléments exposent à suffisance les risques auxquels on s’expose dans l’investissement individuel.
Pour limiter ces risques, il faut investir en groupe. C’est ainsi que fonctionnent d’ailleurs plusieurs groupes d’investisseurs étrangers : libanais, chinois, européens.
Tu as des doutes sur ton projet de retour ?
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Investir en groupe permet :
- de répartir le coût de l’investissement et de réduire les risques. Imaginez d’avoir 100 000 euros de crédit bancaire à rembourser en occident, à la suite de l’échec de votre business en Afrique. La situation serait différente et moins stressante, si ces 100 000 euros provenaient de la cotisation de 10 personnes. Dans ce contexte, chaque membre aurait uniquement 10 000 euros à rembourser à la banque. Ce qui est moins asphyxiant du point de vue individuel.
- d’assurer le suivi du projet. Pour qu’un projet réussisse en Afrique, il faut régulièrement y être. Combien de personnes peuvent se permettre d’acheter trois billets d’avion par an, par exemple, pour le bon suivi d’un projet ? En investissant en groupe, les coûts de déplacement et de logement sont réduits. Ce qui donne la possibilité à celui qui a la responsabilité du suivi du projet, d’être sur le terrain constamment et de rendre compte aux autres membres du groupe.
- d’avoir une garantie de capital. Si la diaspora ne peut pas compter sur les banques africaines, elle peut au moins compter sur le soutien de ses membres. Les tontines, dans un groupe d’investisseurs, constituent une bonne réserve de capital, nécessaire à la survie du business.
2.2) L’union est-elle impossible entre africains ?
Quand on parle d’investir en groupe, les pessimistes ne tardent pas à rappeler que l’union est impossible entre africains. Si vous êtes de ceux qui pensent ainsi, j’ai une mauvaise nouvelle pour vous !
À l’ère où nous sommes, nous n’avons pas le choix ! Soit, nous nous unissons pour obtenir une place dans l’économie de ce monde, soit nous resterons les derniers de la pyramide !
La difficulté à s’unir résulte du mauvais choix des partenaires d’affaires.
On ne s’unit pas en affaires de façon hasardeuse. On ne s’unit pas en affaires avec des individus sur la base du simple rapport amical ou de parentalité.
On ne s’unit pas en affaires avec des individus juste parce qu’ils ont de l’argent !
La base de l’union devrait être une vision commune, de la motivation, et un certain niveau de vibration.
3) Négligence de la réalité spirituelle africaine
Que vous en soyez conscient ou pas, l’Afrique a une réalité spirituelle particulière, qui n’a rien à voir avec celle d’autres continents !
Cela ne veut pas dire qu’en occident, la spiritualité est inexistante. Seulement, en Afrique, elle est utilisée spécialement pour nuire.
Nombreux sont ceux qui ont échoué et perdu beaucoup d’argent après avoir ignoré cet aspect.
3.1) L’impact des loges dans l’économie
Le phénomène des loges est très accentué et ancré dans le monde des affaires en Afrique. Si vous avez fait du business en Afrique et avez côtoyé certains milieux, vous vous êtes probablement rendu compte que, bon nombre d’activités, prospèrent avec le soutien des loges.
Qu’elles soient étrangères ou africaines, ces loges ont un grand impact sur l’économie de certains pays et ont le monopole dans différents secteurs d’activités.
Nous avons abordé quelques fois en live, la thématique de la spiritualité dans le business en Afrique. Je vous invite à regarder le dernier live sur YouTube, où nous avons débattu sur ce sujet, intitulé : tu veux retourner en Afrique, mais es-tu prêt spirituellement ?
En plus, j’ai analysé tout récemment la situation d’une brave entrepreneuse africaine qui a vu son business chuter, après avoir loué un local, dominé par des forces maléfiques.
3.2) La mentalité de régression
Hormis l’influence des loges, il existe une mentalité de régression ancrée dans les mœurs africaines.
On voit mal les personnes brillantes, qui se démarquent par leurs talents.
Sous d’autres cieux, ces personnes sont préservées et protégées. En Afrique, on a tendance à les combattre.
Un concurrent ou un proche jaloux est en mesure de procéder à des pratiques spirituelles maléfiques, dans le but de détruire une activité.
Coquilles d’œufs cassés, excréments, herbes, liquides, cadavres d’animaux, sont des fétiches que plusieurs détenteurs d’espaces commerciaux retrouvent devant leurs locaux au quotidien. Un africain conscient des réalités, reconnait, à ce moment-là, qu’il s’agit d’une attaque spirituelle.
J’évoque la réalité spirituelle de l’Afrique pour alerter les ignorants et les cartésiens.
Il ne suffit pas d’avoir de l’argent et de la motivation pour s’en sortir en Afrique. Il faut surtout être préparé spirituellement.
C’est faire preuve de naïveté que de s’aventurer en terre africaine avec une vision occidentale du monde.
Par ailleurs, le mbenguiste dans la vision africaine, est celui qui a réussi. C’est celui qui a eu la chance d’obtenir ce que les autres recherchent désespérément.
Cette conception du mbenguiste, est suffisante pour s’attirer les attaques de jaloux et envieux, en cas de succès d’une activité.
Les éléments cités plus haut démontrent pourquoi le retour ne se concrétise pas chez plusieurs africains de la diaspora.
L’Afrique à beaucoup à offrir quand on est préparé.
Toutefois, quand on s’y aventure naïvement, on finit, ruiné et au pire, dans un cercueil.
À bon entendeur salut !


Une réponse à “Back to Africa : pourquoi la diaspora échoue en Afrique ?”
Très bon article, l’afrique et ses réalités à prendre au sérieux avant dy retourner.