CAN 2026: l’Afrique subsaharienne humiliée au Maroc !

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Le contraste est simple et brutal : des influenceurs arrivent au Maroc émerveillés par des villes propres, des marchés vivants, des infrastructures modernes et une hospitalité professionnelle. Pendant ce temps, dans une grande partie de l’Afrique noire, on continue à débattre d’élections, d’alternance et de promesses vides — et les résultats sont palpables.

Il ne s’agit pas d’admirer le Maroc pour le plaisir d’en jalouser un autre, mais de tirer des leçons concrètes sur ce qui marche et ce qui bloque notre développement en Afrique subsaharienne.

Ce qui frappe au Maroc

Visiter virtuellement ou réellement le Maroc, c’est constater une volonté d’État cohérente : villes développées (Rabat, Casablanca, Marrakech, Fès, Agadir), stades modernes, marchés approvisionnés, routes entretenues et une industrie touristique et hôtelière bien rodée.

Le Maroc a misé sur des secteurs stratégiques comme l’agriculture, l’automobile et la construction pour monter en compétence et créer de l’emploi local.

Le Royaume est une monarchie où Mohammed VI est au pouvoir depuis plus de vingt-cinq ans. Ce long mandat a permis des plans sur le long terme, des investissements constants et surtout une direction politique stable — ce qui facilite la coordination des investissements publics et privés et la formation d’une vision nationale.

Pourquoi la stabilité compte

Les grands chantiers nationaux ne se construisent pas en cinq ou sept ans. Le développement durable implique :

  • Des projets d’infrastructure planifiés sur 10, 15 ou 20 ans.
  • La formation progressive des compétences locales.
  • La construction d’une conscience nationale et d’institutions fiables.

Lorsque, à la tête du pays, les leaders changent trop souvent, chaque nouvelle équipe redéfinit les priorités, démantèle les acquis ou réoriente les financements. Résultat : fragmentation des projets, endettement cumulé, démotivation des agents publics et fuite des investisseurs qui cherchent de la prévisibilité.

L’élection n’est pas une panacée

Il faut distinguer le principe d’élection — la légitimité par le peuple — et la façon dont ce principe est appliqué. Dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, les élections ressemblent parfois à un business : financement opaque, redistribution des postes pour assurer un pacte de rente, et leaders qui voient l’État comme une source de revenus privés.

Deux conséquences notables :

  1. La présidence devient un objectif patrimonial plutôt qu’un service public.
  2. La rotation fréquente des dirigeants empêche les politiques de longue haleine (agriculture, formation, décentralisation) de porter leurs fruits.

Le vrai problème : qui gouverne et pourquoi ?

Plus que le mécanisme électoral, c’est la qualité des élites dirigeantes qui pose problème. Plusieurs facteurs jouent contre le développement :

  • Des dirigeants arrivés par des réseaux extérieurs ou par des intérêts étrangers qui ne comprennent pas les réalités locales.
  • La corruption systémique : détournement de fonds publics pour enrichir une classe dirigeante et financer un train de vie luxueux, parfois à l’étranger.
  • Une vision à court terme : s’accaparer l’État pour sécuriser son avenir familial plutôt que préparer la nation à prospérer.

Quand des responsables utilisent l’argent public pour payer des écoles privées en Suisse ou pour financer un mode de vie hors de portée des citoyens, la confiance sociale s’effrite et la chaîne productrice du pays (agriculture, industrie, services) est négligée.

Exemples et contre-exemples

Plusieurs modèles montrent qu’il n’existe pas une seule voie vers le développement, mais que la cohérence et l’alignement entre leadership, stratégie et exécution font la différence :

  • Maroc : succession d’investissements dans l’infrastructure et des politiques ciblées (agro-industrie, tourisme, industrie automobile), appuyés par une stabilité politique.
  • Certains pays africains récents où des dirigeants engagés ont concentré leurs efforts sur des projets structurants : nouvelles routes, hôpitaux publics, programmes agricoles de terrain.
  • Pays avec forte alternance mais faible continuité : les politiques changent, les dettes restent et la population subit la volatilité.
  • États où la politique est devenue un métier lucratif : postes publics utilisés pour enrichir un réseau, non pour servir le peuple.

Dictature “bonne” ou “mauvaise” : nuance nécessaire

Le terme “dictature” est souvent utilisé comme une injure. Pourtant, l’histoire montre des régimes non démocratiques capables de résultats concrets : industrialisation rapide, investissements massifs en éducation et santé, infrastructures. La question cruciale est moins le label que la finalité et la méthode.

On peut schématiser :

  • Bonne gouvernance autoritaire : leadership stable, vision de long terme, lutte réelle contre la corruption, investissement dans des compétences nationales, préparation de la succession.
  • Mauvaise gouvernance autoritaire : pouvoir concentré sans contrepoids, appropriation des ressources, répression des voix dissidentes, enrichissement d’une caste.

Il faut donc juger les systèmes à l’aune des résultats réels sur le bien-être collectif, l’accès à la santé, l’éducation, l’emploi et la sécurité alimentaire.

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La « démocratie » occidentale n’est pas un modèle immuable

Imiter un modèle seulement parce qu’il est promu par des puissances étrangères sans l’adapter aux réalités locales conduit souvent à des échecs. La démocratie formelle peut exister sans que le peuple soit entendu ou protégé : mobilisation des médias, influences économiques, décisions prises hors sol.

Ce que certains appellent « démocratie » peut masquer des oligarchies et des mécanismes d’exclusion.

L’enjeu n’est pas d’adopter aveuglément un système importé, mais de créer un modèle endogène capable de garantir la légitimité, la continuité et l’efficacité des politiques publiques.

Agriculture, décentralisation et développement territorial

Dans de nombreux pays africains, les terres cultivables restent sous-utilisées. Pourtant, l’agriculture est un pilier pour:

  • sécuriser l’alimentation nationale,
  • créer de l’emploi,
  • fournir des matières premières pour l’industrie locale.

Le Maroc montre qu’une stratégie agricole cohérente réduit le coût de la nourriture, soutient les marchés locaux et renforce la résilience. De même, la décentralisation — développer les villes secondaires et les zones rurales — évite la suffocation des capitales et favorise une croissance plus équilibrée.

Construire des routes, des hôpitaux et des écoles dans les périphéries stimule l’activité économique locale, réduit la migration intra-nationale et prépare le terrain pour une industrialisation plus équitable.

La diaspora et la fuite des ressources

La diaspora joue un rôle ambigu : elle envoie des fonds utiles, mais parfois des connexions entre élites et expatriés alimentent une consommation ostentatoire payée par des ressources détournées. Quand des proches de dirigeants vivent confortablement à l’étranger grâce à des fonds publics, cela nourrit le ressentiment et légitime la critique.

La diaspora peut toutefois devenir un acteur de progrès si :

  • les transferts sont canalisés vers l’investissement productif (agro-industrie, PME locales),
  • les compétences acquises à l’étranger sont mobilisées pour construire des systèmes locaux de santé, d’éducation et d’industrie,
  • la société civile diaspora contribue à la transparence et à l’accountability.

Quelles qualités doit avoir un dirigeant africain aujourd’hui ?

La question clé n’est pas seulement de savoir comment choisir un dirigeant, mais quels traits et quelles pratiques garantiront le développement durable :

  1. Amour du pays : placer l’intérêt national avant les intérêts privés et familiaux.
  2. Connaissance du territoire : comprendre les réalités rurales et urbaines, être proche des populations.
  3. Intégrité et transparence : gérer les ressources publiques sans appropriation privée.
  4. Vision à long terme : planifier sur 10, 20 ans.
  5. Capacité à préparer la succession : construire des institutions et des élites cadres pour assurer la continuité.

Propositions concrètes pour repenser l’élection et la gouvernance

Voici des pistes pragmatiques pour créer un modèle adapté :

  • Limiter la prolifération des partis : un paysage politique trop fragmenté favorise l’infiltration extérieure et la déstabilisation. Des partis structurés avec des programmes clairs réduisent la volatilité.
  • Instaurer des mandats orientés vers des objectifs : fixer des contrats de performance à moyen terme pour les dirigeants, mesurables et suivis publiquement.
  • Renforcer la décentralisation : donner des ressources et des responsabilités aux autorités locales pour développer les territoires hors capitale.
  • Mettre la lutte anti-corruption au cœur : indépendance judiciaire, audits publics et protection des lanceurs d’alerte.
  • Valoriser la compétence locale : reconnaître que diplômes occidentaux ne garantissent pas la capacité à gouverner; l’expérience terrain compte.
  • Préparer la relève : instituer des programmes de formation civique et administrative pour les cadres nationaux afin d’assurer une transition ordonnée.

Ce que nous pouvons apprendre aujourd’hui

L’humiliation que ressentent certains Africains face au spectacle du développement ailleurs est un électrochoc utile. Il ne s’agit pas de nier les défauts étrangers ni d’idéaliser un modèle, mais de comprendre que :

  • la constance et la vision sont des atouts majeurs ;
  • la politique ne doit pas se transformer en marché lucratif ;
  • les solutions doivent être pensées localement et mises en œuvre par des dirigeants qui aiment réellement leur pays.

Changer de modèle politique pour l’adapter aux réalités africaines n’est pas un appel à l’autoritarisme indiscriminé. C’est un appel à la responsabilité : choisir et protéger des leaders intègres et efficaces, créer des institutions qui survivent aux alternances, et reconnaître que la démocratie formelle sans substance sociale ne suffit pas.

La question n’est pas de supprimer le choix du peuple, mais de refonder la manière dont ce choix est exercé et sur quels critères. Des élections répétées sans une gouvernance sérieuse, sans éthique publique et sans stratégie nationale signifient la répétition des mêmes échecs.

Il faut aujourd’hui soutenir des dirigeants qui ont prouvé leur capacité à construire, encourager la continuité lorsque le bilan est positif et exiger une transition préparée et transparente quand un chef d’État s’éclipse.

L’Afrique a le potentiel : terres fertiles, jeunesse énergique et intellectuels de talent. Reste à aligner la direction politique avec cet atout pour transformer enfin la promesse en réalité.

Priorité : construire des États où la gestion n’est pas une affaire privée, où les dirigeants aiment leur nation, préparent la relève et travaillent pour le bien commun — pas pour leur enrichissement personnel.


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