Le phénomène des foyers monoparentaux prend de l’ampleur dans la diaspora africaine.
Le nombre de mères seules qu’on rencontre dans les pays comme la France, le Canada, la Belgique ou même l’Allemagne est impressionnant.
Ce fléau alarmant et dévastateur pour les familles africaines, mérite qu’on s’attarde dessus afin d’en comprendre les causes.
Comme je l’ai souvent mentionné, l’occident est un environnement assez complexe et déstabilisant, quand on ne comprend pas les codes.
Les africains sont très enthousiastes et pleins d’espoir à l’idée d’immigrer, ignorant les challenges auxquels ils pourraient faire face, dans leurs pays d’accueil.
Toute société fonctionne avec des codes. La société occidentale a les siens.
Comprendre le fonctionnement de cette société est important pour s’en sortir et avoir une vie épanouissante.
L’intégration dans un pays ne se limite pas uniquement à l’apprentissage de la langue et à l’obtention d’un titre de séjour.
Parler couramment la langue facilite l’intégration et permet de saisir les opportunités. De la même manière, avoir des papiers, est fondamental pour circuler librement, étudier, travailler ou accéder à certains avantages sociaux.
Cependant, tout ne se limite pas là. Bien s’intégrer c’est aussi observer et étudier l’environnement afin de comprendre la complexité du système.
Le phénomène grandissant des séparations et des divorces en occident, démontre une certaine défaillance dans le système occidental.
On en est arrivé au point où les foyers monoparentaux deviennent la norme et les couples où on retrouve un père et une mère, l’exception.
Ce fléau n’affecte pas exclusivement la diaspora africaine. Les locaux en sont aussi victimes.
Plusieurs facteurs (internes et externes) expliquent les divorces chez les couples africains.
Les facteurs internes sont liés au pays d’accueil, alors que, les facteurs externes, dépendent du pays d’origine des couples.
Les causes de séparation pour les locaux dépendent principalement des facteurs internes.
Les couples africains sont victimes, à la fois, de facteurs internes et externes, et sont, par conséquent, deux fois plus vulnérables.
1-Les causes internes de séparation des couples dans la diaspora
Les facteurs internes, à la base de la séparation des couples africains en occident, sont :
- les mauvaises fondations.
- la mauvaise gestion des allocations familiales et aides sociales.
- les mauvaises compagnies.
- le déséquilibre dans les rôles des conjoints.
1.1- Les mauvaises fondations
Pour comprendre pourquoi les couples africains divorcent, analysons d’abord les raisons à la base de leurs unions.
La pression du système conduit des personnes incompatibles à s’unir. Ces personnes ne se seraient jamais côtoyés dans de meilleures circonstances.
Être en couple en occident est parfois la clé pour sortir des problèmes de régularisation ou de logement.
J’ai constaté, après des années en occident, que plusieurs couples africains de la diaspora, reposent sur de mauvaises fondations.
Face aux difficultés de régularisation, certains immigrés décident de se mettre en couple dans le but d’avoir des papiers.
C’est un cas très fréquent en France et en Belgique, où, plusieurs afrodescendants sont nés de parents qui n’avaient rien en commun.
Le but principal de l’union était d’enfanter pour se défaire du statut de sans-papiers.
Dans ces couples, une fois le contrat arrivé à terme et l’objectif atteint, la séparation s’ensuit.
En même temps, la solitude incite plusieurs personnes à prendre le premier venu sous leur toit, dans le but de combler le manque.
Nombreux sont, les hommes et les femmes, qui se sont retrouvés à vivre avec des personnes, qui, en quête d’un logement, leur ont miroité de l’amour, dans l’objectif de ne pas finir sans domicile fixe.
Le phénomène des gigolos dans la diaspora parisienne décrit bien cette réalité.
C’est dans ce contexte que plusieurs couples se forment et font des enfants, pour ensuite se séparer, quand ils n’arrivent plus à se supporter.
1.2- La mauvaise gestion des allocations familiales et aides sociales.
Les allocations familiales sont des sommes versées par l’État aux personnes ayant un ou plusieurs enfants en charge.
En Afrique, les politiques sociales sont quasi inexistantes. Certains États ne prévoient pas des allocations pour subvenir aux besoins des familles.
En occident, l’État prévoit des aides pour les familles avec enfants sous certaines conditions.
Paradoxalement, ces avantages du système occidental contribuent à fragiliser des couples africains, victimes d’une mentalité de carence.
Les femmes sont celles qui commettent le plus d’erreurs dans la gestion des allocations familiales.
Plusieurs hommes de la diaspora ont été mis à la porte par leurs épouses, qui, après avoir ouvert les yeux sur « les avantages » des allocations, ont choisi d’en profiter pour réaliser leurs projets personnels.
Nombreuses sont celles qui font des enfants uniquement dans le but de recevoir des aides de l’état. Ces aides leur permettent, par exemple, d’entrer dans des tontines afin de réaliser leurs projets au pays.
De ce point de vue, l’homme est perçu comme un obstacle à l’obtention des « bénéfices » qu’offre le statut de mère seule.
Vivre seule dans une grande maison, recevoir les allocations et les aides, avec en plus une pension alimentaire, représente un luxe qu’elles ne pouvaient pas s’offrir en Afrique.
Le déséquilibre des enfants, dû à l’absence d’une figure paternelle, est le dernier de leurs soucis.
Lire aussi : l’échec dans l’éducation des afrodescendants-interview de Nathalie Ahanda.
La mauvaise gestion des allocations familiales trouble aussi l’harmonie des couples, quand l’un des partenaires en fait usage sans en informer l’autre.
J’ai été contactée une fois par une dame qui se plaignait du fait que son mari utilise l’argent des allocations pour ses projets personnels, sans lui demander son avis.
L’argent des allocations ne devrait pas être une source de tension, pour un couple dans lequel règnent, le dialogue et la transparence.
Ces allocations sont prévues, normalement, pour subvenir aux besoins de l’enfant (alimentation, habillement, activités extrascolaires, etc.).
Les conflits surviennent, lorsque les parents détournent cet argent, pour des besoins ou des projets personnels, mettant ainsi de côté les enfants. Ceux-ci ne sont pas toujours la priorité et c’est bien dommage.
1.3- Les mauvaises compagnies
En occident, le choix de l’entourage est crucial pour éviter de tomber dans des pièges.
Certains pourraient penser « oui, mais pas uniquement en occident, l’entourage est important peu importe où on se trouve ».
C’est vrai ! Toutefois, les conséquences de certaines erreurs sont trop lourdes à supporter dans le système occidental. Ce qui n’est pas forcément le cas en Afrique.
Quand on arrive dans un pays étranger, on ressent le besoin de se rapprocher de sa communauté d’origine, pour ne pas perdre certains repères.
Dans ces communautés, il y a des personnes de bonne foi, mais également des personnes mal intentionnées.
L’erreur que les personnes nouvellement installées en occident commettent, c’est de penser que tous les anciens de leur communauté d’origine, sont de bons guides.
Pourtant, certains parmi eux, ont commis des erreurs, se retrouvent piégés et veulent noyer les autres.
Il existe plusieurs exemples de femmes, qui, ayant des époux dévoués et responsables, ont mis fin à leur relation, suite aux mauvais conseils prodigués par des personnes de leur communauté.
Elles se sont liées d’amitié, se sont confiées, à ces personnes à la moralité douteuse, qui leur ont vanté les « avantages » du système pour les mères seules.
Dans des sociétés, où, les enfants et la femme précèdent les hommes, elles ont cru, à tort, que vivre seules est plus bénéfique qu’être mariée.
Résultat ? Leur naïveté a eu de graves conséquences sur leur propre vie et sur la vie de leurs enfants.
1.4- Le déséquilibre dans les rôles des conjoints
Le fonctionnement des couples en Afrique est totalement différent du fonctionnement des couples en occident.
Nombreux sont les couples africains de la diaspora, qui se séparent, car ils peinent à réajuster leurs rôles.
En Afrique, l’homme assume pleinement son rôle de chef. Il s’occupe des charges de la maison, pendant que la femme gère les tâches ménagères et veille à l’éducation des enfants.
Il arrive qu’en cas d’urgence, la femme apporte son soutien financier, mais à la base ce n’est pas son rôle.
Même dans des couples où l’homme et la femme travaillent, le mari ne compte pas forcément sur l’argent de sa femme.
Il est rare de voir un homme en Afrique demander à son épouse sa contribution pour les charges du foyer. En plus, le modèle du 50-50 est inexistant.
En occident, les réalités ne sont pas les mêmes.
Le cout élevé de la vie, oblige l’homme et la femme à ramener de l’argent afin d’assurer les charges du foyer.
Sur cet aspect, les couples réussissent à trouver une entente.
Le problème se pose au niveau de la gestion des tâches ménagères et de l’implication dans l’éducation des enfants.
Les hommes africains s’opposent généralement au fait de contribuer aux tâches ménagères.
Ce refus entraîne d’énormes frustrations chez leurs épouses. Elles se sentent abusées et ont la sensation d’avoir plus de poids sur leurs épaules que leurs maris.
Dans certains couples, les femmes ont des salaires plus élevés que leurs époux. Par conséquent, leurs contributions aux charges du foyer peuvent être plus élevées.
Elles travaillent dur et effectuent parfois des heures supplémentaires. Après le boulot, elles doivent cuisiner, s’occuper de la maison, des enfants, malgré la fatigue et le stress ramenés de l’extérieur.
Face à leurs lamentations, les époux, au lieu d’avoir de la compassion, n’hésitent pas à les traiter d’insoumises et leur rappeler qu’un vrai bantou ne participe pas aux tâches ménagères.
Le « mâle dominant africain », n’éprouve aucune gêne, quand il s’agit de faire du 50/50 ou demander de l’argent à son épouse pour payer les factures et le loyer. Mais pour contribuer à l’entretien de la maison et des enfants, il se braque.
Cette difficulté d’adaptation des hommes africains au contexte occidental, détruit l’harmonie des couples et conduit aux divorces.
Les femmes, déjà stressées par le train de vie quotidien et frustrées par leurs maris, préfèrent la solitude afin de préserver leur santé mentale.
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2- Les causes externes de séparation des couples dans la diaspora
Les causes externes de séparation des couples dans la diaspora sont liées au pays d’origine des conjoints. Il s’agit de :
- la pression des familles en Afrique.
- le besoin de réalisation en Afrique.
- la double vie des hommes africains.
2.1- La pression des familles en Afrique
Les familles en Afrique, qu’elles en soient conscientes ou pas, sont à l’origine de nombreux conflits dans les couples de la diaspora.
La diaspora est d’abord considérée comme un porte-monnaie pour les familles.
Quand les proches en Afrique appellent ou envoient des messages, ils concluent généralement ces prises de contact par une demande d’argent.
Si l’argent envoyé par la diaspora n’aide pas l’Afrique, c’est simplement parce que les familles au pays veulent demeurer dans un rapport de dépendance. Elles ne sont pas conscientes des implications que ces demandes d’argent incessantes ont sur les couples.
Vu que la stabilité d’un couple repose aussi sur la stabilité financière, les couples doivent aborder ouvertement, la question des aides pour les familles au pays.
Chaque couple a des projets qui nécessitent des finances. Envoyer de l’argent régulièrement, à l’insu de son partenaire, sous prétexte d’aider la famille, pourrait être mal perçu et créer des tensions.
Un couple, dans lequel règne la transparence, devrait organiser ses dépenses et s’entendre sur les montants à envoyer au pays.
La pression des familles est parfois telle que, les intérêts de la famille, passent avant ceux du couple.
Pourtant, sauf en cas d’urgence, la résolution des problèmes des familles en Afrique, ne devrait pas dérouter les projets du couple.
Je connais plusieurs exemples de familles, qui ont encouragé leurs filles, à se séparer de leurs conjoints, quand leurs intérêts étaient menacés.
D’autres conseillent à leurs enfants d’investir en Afrique, à l’insu de leurs partenaires.
Une sœur de la diaspora, mariée légalement, à qui la mère recommandait d’acheter des terres en Afrique, lui avait dit : « Ton mari ne doit pas forcément savoir comment tu gères ton argent ».
L’objectif pour les familles, c’est d’avoir le contrôle total sur les investissements de leurs progénitures.
Ce sont des parents avides et égoïstes, qui, sous prétexte d’avoir financé le voyage de leurs enfants, exigent que ceux-ci se soumettent à leur moindre caprice.
Ces situations, délicates, il faut l’avouer, peuvent conduire au désaccord de l’autre partenaire, surtout s’il provient d’une famille qui n’a pas de problèmes financiers.
2.2- Le besoin de réalisation en Afrique
Comme mentionné précédemment, les raisons qui incitent les couples à se mettre ensemble n’ont parfois rien à voir avec l’amour ou une vision commune.
Les couples se forment par intérêt, dans le but de se libérer d’une situation pesante. De ce point de vue, les conjoints, malgré le fait qu’ils partagent le même toit, ne se considèrent pas comme une seule entité, mais plutôt comme deux entités séparées.
L’homme et la femme s’aperçoivent au fil du temps qu’ils ont des objectifs en contraste. Chacun veut réaliser ses projets en Afrique, parfois en cachette.
L’idéal pour les couples serait de s’entendre sur le fait d’investir en Afrique. Ensuite, définir un budget et s’organiser pour le suivi des projets.
Ce qu’on constate, c’est que, l’un des partenaires (le plus souvent l’homme), ayant pour ambition de retourner en Afrique, démarre sans l’accord de l’autre des projets, qui, en général, demandent beaucoup de temps et de sacrifices.
Des couples se sont éloignés ainsi, car, l’homme, totalement absorbé par ses ambitions, passe plus de temps en Afrique, délaissant femme et enfants en occident.
La nature ayant horreur du vide, certains refont leurs vies avec d’autres femmes en Afrique.
2.3- La double vie des hommes africains
Les hommes africains en immigrant laissent derrière eux, des épouses, des fiancées et des enfants.
Avant de quitter l’Afrique, ils font des promesses à leurs partenaires.
Ils promettent de les épouser après quelques années et de les ramener en occident. Pour ceux qui voyagent en laissant des épouses, ils leur promettent soit de retourner au pays après quelques années, soit de les faire voyager avec les enfants.
Toutes ces promesses se font dans l’ignorance absolue des réalités du terrain.
Une fois en occident, face à la solitude, ils se mettent en couple avec d’autres femmes.
Par peur de se retrouver seuls, ils cachent l’existence de l’autre famille en Afrique.
Plusieurs femmes dans la diaspora se sont mises en couple et ont fait des enfants, avec des hommes qui étaient déjà mariés en Afrique.
Après avoir découvert la vérité, certaines choisissent de mettre fin à la relation. D’autres restent pour fuir la solitude, mais surtout dans l’espoir de déclasser la rivale en Afrique.
Cette double vie des hommes africains est l’une des causes principales de l’augmentation du taux de mères célibataires en occident.
Il faut être de mauvaise foi pour donner espoir et faire des enfants à une femme, alors qu’on sait pertinemment qu’on ne peut pas se séparer de celle du pays.
Les exigences de la société occidentale poussent certaines personnes à mentir et à abuser des plus naïfs. Malgré la solitude, les hommes doivent faire preuve de bonne foi, en informant dès le début leurs partenaires de l’existence d’une autre famille en Afrique.
Les femmes doivent aussi se prémunir de mauvaises surprises.
Au lieu de tomber naïvement dans les bras du premier venu, et s’exposer au risque de devenir mères célibataires, elles doivent enquêter et s’assurer que le partenaire soit libre de tout engagement marital en Afrique.
Les facteurs à la base de la séparation des couples africains dans la diaspora, cités ci-dessus, doivent attirer l’attention des personnes qui ne sont pas encore en couple.
Les séparations ont de graves répercussions sur l’équilibre des afrodescendants.
Élever un enfant sans père est très difficile, voire dangereux en occident.
Les enfants finissent parfois abandonnés à eux-mêmes. Les mères sont vulnérables et deviennent de bonnes proies pour le système.
Fonder une famille en occident, n’est pas une affaire simple. Il faut bien comprendre l’environnement et les mœurs du pays d’accueil.
Toutefois, il est possible de trouver de bons partenaires. Mais, plutôt que de se précipiter et de s’unir sur la base de la solitude, des pulsions ou des calculs, Il faut prendre son temps et demander un soutien divin afin de tomber sur la bonne personne.








Une réponse à “7 causes de divorce des couples africains dans la diaspora”
Très beau texte..