Mon petit poulailler : quand l’autosuffisance commence à la maison

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Depuis mon retour en Afrique, je redécouvre chaque jour l’importance de certaines choses que nous avons parfois tendance à considérer comme acquises lorsque nous vivons en Occident.

Parmi elles, il y a l’alimentation.

J’ai décidé de créer un petit poulailler à la maison. Rien de très grand. Quelques poules, un espace aménagé et surtout une idée simple : produire une petite partie de ce que nous consommons au quotidien.

L’autosuffisance alimentaire commence parfois par de petites choses

Lorsque je suis rentrée au Cameroun avec mon mari et mes deux enfants, nous avons commencé à réfléchir différemment à notre manière de consommer.

Avoir régulièrement des œufs à la maison représente déjà une petite économie, surtout dans une famille avec des enfants. Au-delà de l’économie, il y a quelque chose de rassurant dans le fait de savoir d’où vient une partie de ce que l’on mange.

Autosuffisance alimentaire ne signifie pas devenir totalement indépendant du marché.

C’est plutôt réduire progressivement sa dépendance, en commençant par ce que l’on peut faire à son échelle.

Pourquoi les poulets du village ?

Pour mon élevage, j’ai fait le choix des poulets du village, plutôt que des poulets de ferme classiques. Ce choix est lié à plusieurs raisons:

  • Les poulets du village sont généralement réputés pour être plus résistants et mieux adaptés aux conditions locales.
  • Ils peuvent également être élevés dans un système plus naturel, avec une alimentation qui peut inclure ce qu’ils trouvent autour d’eux, en complément de ce qu’on leur donne. Dans l’alimentation de nos poules, nous ajoutons le bio catalyseur ActiflorePlus de Greenmanacademy.
  • Les poulets du village sont recherchés dans le marché et donc constitue un potentiel économique sur le long terme.

D’ici quelques mois cet espace sera plein.

Dans certaines régions, trouver de bons poulets du village n’est pas toujours évident. Leur viande est appréciée pour son goût plus prononcé et sa texture différente de celle des poulets élevés de manière intensive.

C’est donc un élevage qui peut avoir un intérêt non seulement pour la consommation familiale, mais également pour celui ou celle qui souhaite, un jour, transformer cette petite expérience en activité commerciale.

Les premiers oeufs de mon poulailler

L’un des plaisirs de cette petite expérience, ce sont évidemment les œufs.

Une de mes poules (j’en ai six actuellement) m’a déjà donné dix œufs.

Avec quelques poules, on peut disposer régulièrement d’œufs pour la famille, selon la race.

De petits poussins en cours…

Les œufs de poules locales sont également très appréciés pour leur goût et leur couleur.

Dans certaines communautés, ces oeufs sont aussi utilisés dans différentes pratiques de médécine traditionnelle. Cela crée potentiellement des débouchés supplémentaires.

Mes enfants apprennent aussi avec les poules

Il y a un autre aspect auquel je tiens énormément : l’apprentissage de mes enfants.

Mes enfants participent à la vie du poulailler.

Ils donnent à manger aux poules, leur donnent de l’eau, observent leur comportement et découvrent comment les animaux grandissent et se reproduisent.

Pour des enfants qui ont grandi en partie dans un environnement occidental, cette expérience est particulièrement intéressante.

Ils découvrent que la nourriture ne vient pas juste d’un supermarché: derrière un œuf, il y a une poule. Derrière un poulet, il y a un élevage.

Et derrière une petite exploitation agricole, il y a du travail, de la discipline, de la gestion et des responsabilités.

C’est une petite leçon d’entrepreneuriat et d’autonomie que l’on peut donner aux enfants simplement en les impliquant dans la vie quotidienne.

Produire, apprendre et transmettre

Mon poulailler est donc devenu bien plus qu’un simple endroit où j’élève des poules.

Il représente pour moi une manière de repenser notre rapport à l’alimentation, de réduire certaines dépenses, d’apprendre quelque chose de nouveau et de transmettre ces connaissances à mes enfants.

Et surtout, il me rappelle une chose depuis mon retour au Cameroun :

Il ne faut pas toujours attendre d’avoir beaucoup de moyens pour commencer.

On peut commencer petit et créer une véritable activité d’élevage dans quelques années.

L’autosuffisance et l’entrepreneuriat peuvent parfois commencer exactement au même endroit : dans notre propre maison.


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